Contexte de création

La montée de la privatisation de l’éducation est un constat partagé dans le monde entier, et prouvé par de nombreuses recherches au cours des quinze dernières années.

Tout en reconnaissant la diversité des formes de privatisation et le brouillage des frontières public-privé, le développement de l’éducation lucrative et payante (marchandisation) contribue à l’accroissement des inégalités et de l’exclusion des systèmes éducatifs, et en même temps détourne les fonds plus que nécessaires des approches du secteur public qui pourraient atteindre les objectifs d’universalité, d’équité et de qualité, notamment fixés dans les Objectifs pour le Développement Durable (ODD).

Malgré la forte prégnance du sujet et la mobilisation à cet égard dans l’espace francophone, il demeure un manque important de documentation et d’analyse sur l’ampleur, l’impact, et les réponses politiques à la croissance des acteurs privés dans l’éducation dans les pays francophones, que ce soit au Nord ou au Sud.

Le manque de recherche dans les pays francophones provient notamment de l’absence d’un réseau international structuré de chercheurs et chercheuses francophones sur le sujet, ainsi que du manque de financements. Cela affecte non seulement la collecte d’information et l’analyse dans les pays francophones pour bâtir des politiques pertinentes, mais limite également les échanges entre pairs et la visibilité du point de vue francophone dans les débats internationaux.

Afin de répondre à ces enjeux, le Réseau de Recherche Francophone sur la Privatisation de l’Éducation (ReFPE) a été lancé à l’automne 2019 sous l’impulsion de Sylvain Aubry (Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights), Delphine Dorsi (Right to Education) et Thibaut Lauwerier (Université de Genève/eduCoop). Son développement a notamment été soutenu financièrement par le Ministère français des Affaires Étrangères.